Les monnaies carolingiennes

Le monnayage carolingien

« Au commencement du VIII° siècle, la monnaie était tombée dans un discrédit profond en raison de l’anarchie du pouvoir en Francie occidentale et de la coexistence de deux étalons monétaires, or et argent au rapport trop variable, soumis à toutes les fluctuations du marché métallique, qui étaient pour le commerce une source continuelle de confusions et de fraudes. Les échanges se faisaient soit avec des objets divers, des animaux, des métaux précieux dont le poids était exprimé en livre ou en once d’or et d’argent. (…)
Le retour à cette coutume primitive du troc avait été provoqué par la méfiance qu’inspirait la monnaie (…) »
D’après Patrick Nouchy, « LES ROIS CAROLINGIENS DE FRANCIE OCCIDENTALE »

C’est dans ce climat que Pépin le Bref décida d’abolir la monnaie d’or pour garder comme étalon celle d’argent et restitua le contrôle du monnayage à la puissance souveraine en abolissant le monopole des monétaires. Il impose que les monnaies portent son nom tout en confiant leur fabrication à quelques grandes villes, églises et monastères.

A sa mort, l’héritage royal fut partagé entre ses deux fils, Charlemagne et Carloman. Les monnaies conservent la « rudesse » du style mérovingien.

Denier de Pépin le Bref
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Denier de Charlemagne
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Denier de Carloman
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En 780-781 le denier subit une modification due à l’adoption de la nouvelle livre de Charlemagne.
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Le jour de Noël 800 Charlemagne est couronné par le pape Léon III empereur des romains. Un nouveau monnayage sera émis dans les ateliers de l’Empire. On y retrouve le style des deniers de l’Empire Romain.

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En 814 Louis le Pieux hérite de l’empire. Il reprend les mêmes types d’émissions que son père. Il crée également deux nouveaux types : les deniers au temple, et ceux aux légendes bi et tri linéaires.

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Quand Louis le Pieux associe son fils Lothaire 1er au trône, ce dernier reprendra le même type de monnayage.

Denier de Lothaire 1er
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En 840, Charles le Chauve arrive au pouvoir à la mort de Louis le Pieux et choisit comme modèle les monnaies de son grand-père Charlemagne.

La disposition la plus importante sur le plan monétaire du règne de Charles le Chauve est la promulgation des articles VIII et XXIV de l’Edit de Pîtres du 25 juin 864 :
« Nous voulons que les deniers de notre nouvelle monnaie portent d’un coté notre nom en légende circulaire et, dans le champ, le monogramme de notre nom ; de l’autre côté, le nom de la cité et, dans le champs une croix ».

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Sous le cours règne de Louis II le Bègue, le roi a du mal à se faire reconnaître comme souverain, et des comtes et des évêques commencent à usurper les droits royaux pour leur profit personnel.
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La mort prématurée de Louis II le Bègue donne le trône de France à ses deux fils Louis III et Carloman II.

Deniers de Louis III
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Deniers de Carloman II
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En 884, à la mort de Carloman II, les grands du royaume proclament Charles III le gros roi de France. Les ateliers monétaires continuent soit d’immobiliser le type de l’Edit de Pitres, soit le type au nom de Carloman, soit ils reprennent la frappe de la monnaie impériale.

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Sous le règne d’Eudes, les frappes monétaires sont d’une grande diversité. Ce monnayage sera le point de départ d’un grand nombre d’empreintes féodales qui vont se développer pendant tout le X° siècle.

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Quand Charles III le Simple accède au pouvoir en 898, les monnaies sont de type royal mais fabriquées au profit des comtes et des évêques dans un climat anarchique.

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Sous le Règne de Raoul, la taille du denier passe à 26 sous à la livre. Les monnaies de Raoul portent en principe sur l’une des faces un monogramme de type carolin ou odonien.
Deniers de Raoul (ou Rodolphe)

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Sous le Règne de Louis IV d’Outremer il n’y a plus aucune législation monétaire appliquée au royaume en raison de la faiblesse du pouvoir.

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Le règne de Lothaire II inaugure le début du monnayage féodal. Les émissions manifestent une anarchie complète. Tous les types créés par les rois carolingiens apparaissent tronqués et dénaturés.

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Louis V, dernier roi carolingien, meurt d’un accident de chasse après un court règne.
Nous ne connaissons pas de monnaies frappées au nom de ce roi. Celles qui lui sont attribuées sont des monnaies immobilisées de Louis IV ou frappées par les feudataires du royaume.

Une nouvelle dynastie monte sur le trône de France. Il faudra attendre trois siècles pour qu’elle puisse à nouveau imposer la monnaie royale.